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Récit de voyage

Ecole

 |  Olivier Croufer  |  Cameroun

Une école, un voyage

Dessin de Frédéric Hainaut. 8 février n°3

J’aime demander aux élèves auprès desquels je fais une pause ce qu’ils ont appris aujourd’hui à l’école. Ils sont toujours contents de raconter leur journée. C’est gai et ils me posent à leur tour des questions sur la Belgique.

L’école et les voyages sont des amis. Tous les deux permettent d’acquérir toute une série de connaissances plus ou moins utiles pour soi ou notre société. Plus fondamentalement : école et voyage nous introduisent aux aventures collectives des hommes, ils nous aident à nous étonner des problèmes et des défis auxquels les hommes sont confrontés.

L’essentiel de l’école, comme pour les voyages, est de nous préparer à l’exercice si difficile de la rencontre de l’autre.

Développement de l’éducation en Afrique

Un de mes souvenirs émerveillés du Congo a été de rencontrer partout des écoles, quel qu’était l’isolement du village que je traversais. Un système éducatif s’est maintenu bien vivant malgré tous les marasmes.

On peut considérer le développement de l’éducation en Afrique comme l’une de ses plus belles lignes de vie depuis les Indépendances. En Afrique noire, de 1960 à 1985, le nombre d’élèves du primaire a, grosso modo, quadruplé et celui des élèves du secondaire, sextuplé.

Nous restons éloignés des Objectifs du Millénaire pour le Développement qui ambitionnent d’assurer l’école primaire pour tous d’ici 2015. Néanmoins, la dynamique se poursuit : entre 1990 et 2006, les pays de l’Afrique subsaharienne, ont augmenté leur taux d’inscription de 54 % à 70 %.

L’éducation, une aventure collective

Dessin de Frédéric Hainaut. 8 février n°5

En relisant une synthèse d’une chercheuse américaine (Esther Duflo) sur les approches pour améliorer les systèmes d’éducation, je me rends compte combien ce défi est complexe.

Les succès du développement de l’éducation en Afrique ont été, pour une part, alimentés par des approches classiques dont l’évidence s’impose :  par exemple, le Kenya et l’Ouganda sont passés, ces dernières années, à une gratuité de l’école primaire.

Mais souvent, l’aventure est plus complexe. Esther Duflo cite une expérience d’une approche intégrée qui a eu lieu au Kenya.  On constate, ici comme ailleurs, que si plus d’enfants sont inscrits dans les écoles, ils sont très souvent absents ou apprennent peu. Pour comprendre et résoudre ce problème, il aura fallu un esprit de recherche et mettre ensemble une diversité d’acteurs au-delà du monde l’éducation.

Un quart des enfants était infecté par des parasites intestinaux. Ces parasites ne tuent pas, mais les enfants étaient anémiés et fatigués. Après traitement grâce aux centres de santé, l’absentéisme a chuté de 25%.

Le coût financier de cette amélioration a été très faible. Le succès de cette expérience est surtout de rendre vivant le désir de réaliser une aventure collective. Il a fallu rassembler de nombreuses personnes autour des défis de l’éducation et de la santé pour essayer de comprendre et agir.